Nak-Pha'o et les deux lunes

Je suis le poisson immense et magnifique
Possesseur de l’Océan primordial dans lequel je grandis
Mon trésor comporte des perles merveilleuses et des pièces d’Or
Dont le nombre ne peut être calculé

Je suis marié à une étoile
Et je gouverne aux oiseaux
Le Terre est mon horizon

Nak-Pha’o est le nom que m’ont donné deux lunes
En me demandant de les rêver
Et depuis lors, je suis Nak-Pha’o, le poisson rêveur de lunes

Nak-Pha'o rêveur de lunes

J’étais là avant la création du monde
Et je pensais
Je pensais en formes et en couleurs
J’ai alors reçu du vent le souffle créateur
Et les quatre directions
Et puis je me suis endormi pour rêver les Lunes
Comme elles me l’avaient demandé

Nak-Pha'o réveillé

“Nak-Pha’o, réveille-toi!”
C’est une voix qui vient du fond de l’Univers
Qui déchire mon sommeil
Et fera fondre les Lunes.
“Cesse de rêves ces Lunes”
“Je ne fais qu’obéir à leur demande
Elle m’ont donné un nom”.
“Je t’en donnerai un autre
Cesse de les rêver, je te dis! Et descends sur Terre!
Vois ce qui s’est passé pendant que tu dormais”

Nak-Pha'o devient Trois Globes

Je suis descendu sur Terre, moi, Nak-Pha’o
Défaits de mon devoir que j’avais envers les Lunes
Elles se sont alors dissoutes en larmes
“Nak-Pha’o, si tu ne nous rêves plus, tu perdras ton nom
Et nous, nous disparaîtrons”
Alors le vent s’est levé, il a soufflé à nouveau
Et dans son souffle j’ai entendu
“Trois Globes, c’est ton nom à présent”
Et quand je suis arrivé sur Terre
J’ai vu

Nak-Pha'o promet ses perles pour sauver le monde

J’ai vu, moi, Trois Globes
La désolation
Et les animaux morts
Et les glaciers fondus
Et les tambours brûlés
Alors je me suis rappelé mon songe d’avant le monde
Celui d’avant Nak-Pha’o
Et j’ai dit au vent
“Je veux bien donner mes perles et mon nom pour que sonnent à nouveaux les tambours”
Et le vent a répondu: “Tu peux”

Nak-Pha'o cherhe à nouveau son nom

Je suis redevenu le poisson immense et magnifique
Et j’ai donné mes perles merveilleuses pour
Que les animaux ressuscitent
Que l’eau gèle à nouveau en glaciers
Que les tambours sonnent à nouveau
Il me reste mes pièces d’Or et je les donne
A qui m’apportera mon nom