Avant que son petit ne vienne au monde -une couvée ne comprends jamais plus d’un œuf- , le mâle higlòo construit un nid pour l’accueillir, avec de la boue et des brins de paille. Ce nid a la particularité d’être formé d’un labyrinthe au centre duquel la femelle higlòo vient pondre son œuf. (Il est à noter que le dessin du labyrinthe est unique, à l’instar des empreintes digitales, et qu’il n’est pas possible d’en rencontrer deux versions identiques). Une fois qu’elle a pondu son œuf, la femelle higlòo le recouvre de menthe, de mélisse et de sauge puis se couche dessus jusqu’à ce qu’il éclose et que son petit en émerge par ses propres moyens. La durée de la couvaison est d’environ douze jours.

Durant ces douze jours, le mâle part chercher dans une forêt de sapins, une minuscule boule d’ambre qu’il ne trouvera qu’aux pieds d’un résineux que lui seul saura reconnaître, grâce, entre autres, à des antennes particulières qu’il porte sur son crâne et qui lui permettent d’intercepter les conversations en cours dans le réseau de racines forestières. Une fois la minuscule boule extraite de l’humus, le mâle higlòo revient vers le nid et la place à la sortie du labyrinthe. C’est en effet l’odeur de l’ambre qui aidera le petit higlòo a trouver son chemin dans le labyrinthe jusqu’à son issue. Cette opération doit être menée à terme avant que le petit ne sorte de l’œuf, sans quoi sa mère le mange avec les herbes aromatiques qui recouvraient l’œuf. Si le père parvient à déposer le trésor nécessaire à la transhumance de son rejeton suffisamment tôt, ce dernier pourra partir à la recherche de la sortie en suivant son flair et son appétit car une fois parvenu à la porte du dédale, le petit higlòo s’empressera d’avaler la petite bille ; il deviendra alors capable de voler de ses propres ailes.

Dans une mythologie datant de bien avant la construction du monument à la gloire des lions du désert, il est dit qu’une fois, un higlòo ne trouvant pas son chemin et se sentant définitivement perdu, il retourna au centre de son nid et se confectionna des ailes avec les herbes laissées par mère. Il parvint à s’envoler du labyrinthe et, une fois dans le ciel, fût si grisé par le pouvoir que lui faisait ressentir son envol, qu’il voulu traverser l’océan qui se présentait devant lui. Là, un vent violent l’entraîna, lui arrache ses ailes et le précipita dans la mer où il se noya et mourut.

Cette légende a été reprise bien des fois avec de nombreuses variantes peu crédibles -par exemple en remplaçant les herbes par de la cire- mais nous vous livrons ici l’authentique mythe originel qui chante les déboires de l’higlòo disparu.