J’étais assis sur un trône d’or, si haut que je ne voyais pas la terre à mes pieds
J’avais gravis les échelons d’une échelle qui semblait infinie
J’avais mis des mois, buvant l’eau de pluie que m’envoyait le ciel
Me nourrissant du chant des rares oiseaux qui volaient jusque là
Mes pieds étaient en sang et j’étais devenu si maigre que je pouvais à peine me porter
A bout de force, chancelant, les pieds meurtris, les mains comme de la corde trop usée
J’ai senti soudain mon corps abandonner
J’ai lâché l’échelle et j’ai commencé ma longue et inexorable chute
J’allais mourir, pensé-je, et les yeux fermés
Je me suis donné au vent et au champ gravitationnel
Alors est venue des nuages une corneille
Toujours la même
Qui a m’as pris sur son dos
Freinant doucement ma chute
Elle m’a ensuite porté en haut de l’échelle, sur un trône
Et m’a installé sur ce fauteuil d’or
Des oiseaux d’espèces inconnues sont alors venus soigner mes plaies
Ils m’ont donné de l’eau
Mais cette eau était du feu
Ils m’ont donné à manger des fruits parfumés
Mais ces fruits étaient de l’air
Je leur ai dit :
« Donnez-moi ma couronne et portez cette nourriture à ceux qui en ont besoin
Je dois me reposer »
Le ciel s’est couvert puis obscurci
Le tonnerre a grondé
Mon trône a tremblé
Alors je me suis levé et, debout, j’ai regardé loin devant moi
Et j’ai vu très très loin un trou dans le ciel
J’ai volé vers ce trou et je suis entré dans l’autre monde
Celui d’où viennent les animaux qui parlent dans nos rêves
Et ils m’ont raconté de belles histoires
Je les ai longtemps écoutés, prenant des notes
Afin de les transcrire une fois réveillé
Il y avait une histoire pour chacune et chacun d’entre nous
A présent, ces histoires sont toutes prêtes à être contées
Et moi, j’ai encore envie de dormir