Le valgadème est un animal dont les origines ne sont pas clairement connues et dont la forme est susceptible d’être projetée en Soi déjà dans la prime enfance, c’est-à-dire à une époque de notre vie dont la plupart d’entre nous n’ont conservé aucun souvenir.

Personne ne sait vraiment ce qui permet l’émergence de sa représentation. En revanche, celles et ceux qui ont pu l’observer vous confirmeront que le valgadème nous rend visite de préférence au début de l’hiver et que sa compagnie peut être parfois douloureuse.

De nature taciturne, le valgadème est capable de rester à nos côtés sans émettre aucun son et en jetant juste de temps à autre un regard dans le nôtre. Lorsqu’il reste ainsi près de nous, nous avons de la peine à ne pas nous sentir comme envahis par une vague de mélancolie bien qu’il ne nous soit pas possible de pleurer.

Certains prétendent que le valgadème est un voleur de larmes et qu’il détourne celles de ses victimes à son profit, afin d’en faire des colliers de perles éphémères. D’autres ne croient pas en son existence et réfutent toute tentative du témoignage d’une rencontre. Le valgadème ne serait, selon ceux-là, que le produit de divers composés chimico-physiques qui fluctuent dans le cerveau de l’observatrice.

J’ai pourtant vu, vu de mes propres yeux, un valgadème dont le reflet s’est perdu dans l’une des larmes que la lune laisse filer lorsqu’elle se renouvelle. Il avait cependant l’air si malheureux que je me suis bien gardé de lui reprocher d’être le voleur de quoi que ce soit, à plus forte raison d’une larme qui ne m’appartient pas.