Hildegarde am Waahl

De Anklade
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Il arrive régulièrement qu’aux détours fluctuants d’un des nombreux méandres du cours de l’humanité, se présentent des personnages hors du commun, dont le destin nous apparaît comme merveilleux en même temps qu’improbable. Hildegarde am Waahl est l’une de ces figures dont les origines ainsi que les écrits peu connus du grand public -voire même hypothétiques- font de sa destinée un exemple d’érudition et de discernement peu communs.

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Biographie

Hildegarde a vu le jour à l'aube du XVIème siècle et s'est éteinte à son crépuscule. Son départ du monde terrestre s'est effectué d'une manière remarquable: alors qu’elle traversait le jardin de sa maison pour se rendre au potager, elle aurait été enlevée doucement par deux anges lumineux et emmenée au ciel pour ne plus jamais revenir sur Terre.
Quentin-Prieur Aboronei, dans son ouvrage "Dialogues avec des apparitions remarquables", indique qu'Hildegarde aurait, au cours des mois qui ont précédé son ascension, nourrit régulièrement deux anges qui venaient chaque jour la visiter. Elle aurait entretenu avec eux de longues conversations, un peu comme a pu le faire Swedenborg un siècle plus tard. Aboronei pousse même le détail jusqu'à donner les noms de chacun des deux anges qu'elle aurait nommés Sentisée et Sentuition, précisant qu'Hildegarde s'asseyait toujours à la gauche de Sentisée.
Après son élévation, aucune tombe à son nom n’a pu être retrouvée car Hildegarde a été dès lors considérée par le pouvoir de l’époque comme disparue plutôt que morte, et de ce fait na pas eu droit à une sépulture.

Parmi les innombrables talents qu’Hildegarde a développés, nous retiendrons cinq domaines dans lesquels elle les a exercés de façon exceptionnelle: la pharmacologie et l'alchimie (selon une lettre à son attention signée de Paracelse, elle aurait rencontré le médecin suisse à plusieurs reprises), la poésie, la philosophie, la musique et la cryptologie.

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Oeuvre

Pharmacologie et Alchimie

Mandala peint par Hildegarde am Waahl et faisant partie d'un manuscrit de sa pharmacopée privée.

On attribue à Hildegarde am Waahl la découverte d’une formule-source qui se trouve à la base d’un composant permettant, lorsque la dissolution est justement établie, de modifier la fréquence de résonance d’un sentiment morbide et de lui redonner ainsi l’énergie nécessaire à son sain fonctionnement. Bien que la formule découverte puisse laisser penser qu'Hildegarde ait été plutôt pharmacologue qu'alchimiste, les nombreux témoignages de ses guérisons décrivent toujours un processus de transformation qui part de l'état premier de la patiente ou du patient et qui mène à l'unification de l'individu-e après différenciation de l'ensemble de ses contraires. La personne demeure la personne qu'elle était au départ mais transformée et totalement indépendante de l'environnement dont elle était esclave avant le traitement. C'est en cela que Quentin-Prieur Aboronei la considère comme alchimiste.
Hildegarde aurait permis ainsi à de nombreuses personnes de retrouver l’état vibratoire propice à une juste écriture de leur destinée, les amenant ainsi à rédiger un livre de vie qui soit en accord avec les constituants élémentaires de leur incarnation.
Sur la base de cette formule, Hildegarde a su également élaborer d'autres préparations favorables, pour ceux qui en usaient, à l'émergence, dans leur champs d'expérience, de figures abstraites qui, une fois reproduites sur des parchemins, offraient aux expérimentateurs la possibilité de communiquer avec des parties d'elles-mêmes qui leur restaient inconnues et inaccessibles à l'état de veille ordinaire. Hildegarde s'est prêtée sur elle-même à toutes sortes d'expériences de la sorte dont elle nous a laissé quelques exemplaires dans des manuscrits. Dans un de ceux-ci, dédié à la forme de traitement qu'elle exerçait pour favoriser la guérison, elle a écrit: Il n'est pas nécessaire de s'attarder sur ce que l'on souffre pour guérir. La guérison ne vient pas de l'étude de sa propre souffrance mais du constat que l'on est guéri.

Poésie

Traduction et reproduction du manuscrit original

Hildegarde am Waahl a écrit de nombreux textes poétiques et a été membre de la Confrérie des plumes vertueuses [1]. En tant que plume vertueuse, Hildegarde s'est attachée à parsemer ses écrits d'énigmes permettant à la lectrice, lorsqu'elle les résout, de passer à un état de lecture qui ouvre sur des perspectives nouvelles. Certains textes nous apprennent qu'Hildegarde mélangeait volontairement les genres plutôt que de les masculiniser par défaut.
Hildegarde chantait volontiers les poèmes qu'elle composait et faisait régulièrement jouer ses textes par ses élèves, les invitant à improviser les scènes proposées afin de les transformer en de nouvelles expériences de la vie quotidienne. Certains de ces textes, qui n'ont pas été conservés, ont été cependant mémorisés et transmis de génération en génération par la tradition orale. Nous reproduisons également sur cette page quelques-uns de ses poèmes dans une adaptation à la langue française d'aujourd'hui.

Philosophie

Auteure de plusieurs manuscrits dont la plupart sont aujourd’hui disparus, Hildegarde am Waahl a principalement écrit sur des expériences qu'elle-même a vécues de l'intérieur. Sa propre transformation à l'oeuvre lors de l'acte d'écriture revêtait selon elle une importance plus élevée pour le lecteur que le texte apparaissant sur le manuscrit. Elle a tenté de partager sa perception du monde dans la représentation qu'elle s'en faisait, tout en s'ouvrant à la fois à la magie du verbe ainsi qu'à son essence. Son oeuvre est parsemée de mots inconnus, qu'elle qualifiait elle-même non pas de néologismes mais de termes attendant d'être rêvés dans l’inter-monde reliant l'intelligible au sensible. [1]Elle a cessé d'écrire une vingtaine d'année avant sa mort, ne revenant jamais plus sur ses ouvrages et ne trouvant pas nécessaire non plus de les détruire, bien qu'elle ne leur trouvait plus aucune utilité. Vers la fin de sa vie, elle qualifiait son enseignement de vivant, c'est-à-dire qu'elle travaillait avec les personnes qui venaient la voir et partageaient avec celles-ci ses activités quotidiennes. Toute question était transformée en un approfondissement de la question posée ou en une promenade dans son potager et une invitation à regarder pousser ses fleurs et ses légumes.
Hildegarde a cependant laissé quelques recommandations que nous reproduisons sur cette page.

Musique

De mère musicienne, Hildegarde a pratiqué la musique et ne s’est pas arrêtée à la maîtrise de divers instruments. Elle a imaginé et procédé à la fabrication d’appareils spécialement dédiés à la production de sons particuliers qui, en rapport avec ses découvertes alchimiques, permettaient la guérison de plaies provoquées par les liens de dépendance, l'abandon, ainsi que le manque de compréhension du sens de l’existence. Les partitions de ses pièces musicales étaient accompagnées des couleurs qu’Hildegarde demandait de diffuser en même temps que la musique était jouée, afin d’agir comme catalyseurs dans le processus de guérison.
Hildegarde am Waahl a produit plusieurs types d'instruments qu'elle a longuement expérimenté sur les personnes qui venaient la consulter dans le but de se défaire d'un malaise ou même d'une maladie. Les principales pathologies qu'Hildegarde a traitées ainsi que les instruments de musique spécifiquement fabriqués afin de produire les sons adaptés à la guérison d'une pathologie particulière sont résumés sur cette page.
Il est à noter toutefois que si l'instrument permet de traiter la pathologie, c'est l'accordage ainsi que la modalité propre à chaque individu qui permet de personnaliser le traitement. Hildegarde avait également développé une technique d'écoute particulière qui lui permettait d'entrer en résonance de manière objective avec les besoins des ses consultants.

Cryptologie

Un symbole des plus importants -selon elle- légué par Hildegarde am Waahl

En plus de ses multiples talents et connaissances déjà cités, Hildegarde a pratiqué la cryptologie et est à la base de plusieurs systèmes de déchiffrements encore utilisés de nos jours, dont certains, très compliqués, concernent les alphabets que les rêves nous font parvenir dans notre sommeil. Elle a très vite compris l’importance de ces informations et tout de suite remarqué que dresser une table de correspondance entre des symboles et une interprétation unique était vaine: elle avait en effet saisi l’importance de placer le rêve dans le contexte actuel du rêveur ainsi que la nécessité de procéder à son interprétation en relation avec le mythe personnel (ou son manquant) de la personne qui venait la consulter.

Afin de mieux cerner et décrypter les différents caractères de ses consultants, Hildegarde am Waahl a mis au point plusieurs expériences, dont certaines sont devenues célèbres et encore utilisées de nos jours, comme par exemple l'expérience de la bougie.

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Notes

  1. Voir à ce propos la notion d'imaginal proposée par Henry Corbin.